Hyperphagie boulimique définition, prise en charge et traitements

L’hyperphagie boulimique est un Trouble du Comportement Alimentaire (TCA) fréquent qui touche environ 3 à 5 % de la population. Elle touche presque autant les hommes que les femmes et est plus souvent diagnostiquée à l’âge adulte, mais il existe des formes précoces souvent plus sévères. Non traitée, elle finit la plupart du temps en obésité et peut avoir de graves conséquences sur la santé. La Mutuelle des Services Publics récapitule pour vous dans cet article, tout ce qu’il faut savoir sur l’hyperphagie boulimique.

 

Définition de l’hyperphagie boulimique

La boulimie et l’hyperphagie boulimique font partie, avec l’anorexie mentale, des Troubles des Conduites Alimentaires. Ce sont des comportements alimentaires différents de ceux qu’ont habituellement les personnes vivant dans le même environnement. Ces troubles sont importants et durables et ont des répercussions psychologiques et physiques.

La boulimie se caractérise par des crises au cours desquelles la personne absorbe de manière compulsive de grandes quantités de nourriture, dans un temps court, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Ces crises de boulimie sont associées à un sentiment de perte de contrôle et sont suivies de comportements compensatoires inappropriés tels que vomissements provoqués, utilisation de laxatifs, de diurétiques, jeûne entre les crises et exercice physique excessif.

On parle plutôt d’hyperphagie boulimique lorsque les épisodes récurrents de crises de boulimie ne s’accompagnent pas de comportements compensatoires (vomissements, utilisation de laxatifs…) comme la boulimie. En général l’hyperphagie boulimique occasionne un surpoids ou une obésité et provoque une grande souffrance psychique.

Les symptômes de l’hyperphagie boulimique

Les symptômes de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique s’installent de manière insidieuse durant un temps plus ou moins long, généralement depuis l’adolescence et sont parfois difficiles à repérer. Cependant, il est important de les diagnostiquer le plus rapidement possible afin d’assurer une prise en charge efficace, et d’éviter des complications somatiques, psychiatriques ou psychosociales.

Voici les symptômes qui caractérisent l’hyperphagie boulimique :

  • Elle commence par un besoin compulsif et incontrôlable de manger (appelé « craving »)
  • Les crises se déroulent presque toujours en dehors des repas et en cachette
  • La personne en crise mange rapidement, sans pouvoir s’arrêter, des quantités importantes d’aliments (tous ceux à portée de main)
  • Les aliments ingérés sont souvent ni cuits, ni préparés et sont le plus souvent hypercaloriques (gras et sucrés). Le but n’est pas de se faire plaisir en mangeant ce que l’on aime, mais vraiment de se « remplir »

Facteurs favorisant l’hyperphagie boulimique

Le comportement alimentaire dépend de facteurs génétiques et psychologiques individuels, mais il est également influencé par des facteurs environnementaux, familiaux et socioculturels.

Les troubles des conduites alimentaires conduisant à l’hyperphagie boulimique sont donc la résultante de facteurs multiples :

  • Facteurs de vulnérabilité psychologique : Des troubles dépressifs ou troubles bipolaires, des troubles de la personnalité, des troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité, une baisse de l’estime de soi, un perfectionnisme sont plus souvent présents chez les personnes présentant des troubles du comportement alimentaire.
  • Facteurs familiaux et sociaux : L’impact culturel et le rôle social de l’alimentation influencent le comportement alimentaire.
  • Facteurs déclenchants et d’entretien : Des évènements de la vie (facteurs de stress psychique, maltraitance, perte d’un être cher, traumatisme sexuel…) ou la mise en place d’un régime alimentaire restrictif

 

Hyperphagie boulimique : Diagnostic

Le médecin pose le diagnostic d’hyperphagie boulimique lorsque :

  • Les crises de boulimie surviennent au moins une fois par semaine depuis 3 mois ;
  • Chaque épisode de « boulimie » s’accompagne d’au moins 3 des points suivants :
    • La personne mange à toute allure,
    • Elle mange jusqu’à éprouver une sensation pénible de distension du ventre,
    • Elle mange beaucoup en l’absence de sensation de faim,
  • Elle mange seule car elle est gênée par son comportement,
  • Elle se sent déprimée et coupable après avoir mangé,
  • La personne est en souffrance face à cet état dont elle a conscience,
  • Elle n’a pas de comportements compensatoires (pas de vomissements, pas de prise de laxatifs…) comme dans la boulimie.

La gravité de l’hyperphagie boulimique est déterminée par la fréquence hebdomadaire des épisodes.

Comme pour l’anorexie mentale, un repérage précoce de l’hyperphagie boulimique améliore le pronostic et favorise la guérison. Plus la durée d’évolution de la pathologie est longue, plus les complications et le risque de rechute et de séquelles somatiques, psychologiques et sociales sont importants.

Hyperphagie boulimique : Prise en charge et traitement

La prise en charge précoce de l’hyperphagie boulimique est un facteur déterminant de guérison. Elle permet d’éviter la survenue de complications ou une évolution vers la chronicité. Le traitement est pluridisciplinaire et porte à la fois sur l’aspect médical et psychologique de la maladie. La prise en charge doit être :

  • Psychiatrique : Le principe est le même que pour la prise en charge de l’anorexie mentale. Le médecin ou le psychiatre référent va établir avec la personne boulimique une forme de contrat sur sa conduite à tenir face à la nourriture. Pour apprendre au patient à renouer avec son corps, différentes approches sont possibles. Une psychothérapie individuelle, familiale ou de groupe peut être envisagée.
  • Nutritionnelle : Le travail diététique et nutritionnel consiste à réapprendre à s’alimenter selon des schémas réguliers avec une alimentation diversifiée et des repas équilibrés pris avec plaisir. En cas d’obésité, une prise en charge nutritionnelle spécifique est indispensable.
  • Somatique : essentiellement dentaire, digestive et cardiaque ; un suivi médical vérifie l’état de santé général, les bilans sanguins.

 

Une prise en charge médicamenteuse, par antidépresseurs notamment, peut aider à l’atténuation des symptômes de la boulimie, de l’anxiété ou de la dépression.

Les soins sont ambulatoires et l’hospitalisation est rarement nécessaire. Cependant, elle est envisagée en cas de :

  • Tentative de suicide ;
  • Trouble psychiatrique sévère (trouble dépressif, troubles obsessionnels compulsifs, troubles anxieux, trouble de la personnalité, addictions, etc.) ;
  • Episode majeur de boulimie.

 

L’hyperphagie boulimique, comme tous les TCA, peut être difficile à diagnostiquer car les symptômes ne sont pas toujours faciles à repérer. Pourtant sa prise en charge précoce est indispensable pour un traitement efficace sur le long terme. La Mutuelle des Services Publics le sait bien et tente d’assurer aux personnes souffrant de ces troubles la meilleure prise en charge financière possible de leurs soins de santé.

 

 

2022-05-03T11:51:56+00:0003 mai 2022|
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