La fatigue hivernale, c’est quoi ?
En hiver, vous avez peut-être le sentiment d’être plus fatigué que d’habitude, même après une nuit complète de sommeil. Vous manquez d’énergie dès le matin ? Vous vous sentez moins concentré au travail ou plus irritable en fin de journée ?
Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul.
Cette fatigue hivernale est un phénomène fréquent et parfaitement normal.
La fatigue hivernale n’est pas une maladie. Il s’agit plutôt d’un déséquilibre temporaire du corps, lié aux changements de saison et à votre environnement de travail. Plusieurs facteurs se combinent et expliquent cette baisse de régime.
Moins de lumière naturelle, un impact direct sur votre horloge biologique
En hiver, les journées sont plus courtes et l’exposition à la lumière naturelle diminue fortement, surtout si vous commencez tôt et terminez tard.
Or, la lumière naturelle joue un rôle essentiel dans la régulation de votre rythme biologique.
Lorsque vous en manquez, votre corps produit davantage de mélatonine, l’hormone du sommeil.
Résultat : vous pouvez vous sentir fatigué dès le matin, somnolent dans la journée et moins alerte au travail, même sans manque de sommeil apparent.
Une baisse de vitamine D qui pèse sur l’énergie
La vitamine D est principalement produite grâce à l’exposition au soleil. En hiver, cette production chute naturellement, ce qui contribue directement à la fatigue hivernale. Cette carence saisonnière peut entraîner des conséquences bien concrètes :
- sensation de fatigue persistante ;
- baisse de tonus musculaire ;
- diminution des défenses immunitaires ;
- moral plus fragile.
Chez les agents publics, souvent en intérieur, ce manque peut être encore plus marqué.
Le froid et les infections saisonnières fatiguent l’organisme
Le froid oblige votre corps à fournir davantage d’efforts pour maintenir sa température.
À cela s’ajoutent les virus hivernaux (rhumes, grippes, gastro-entérites), parfois même sans symptômes marqués. Alors, même lorsque vous ne tombez pas malade, votre corps se mobilise pour se défendre, ce qui peut générer une fatigue de fond, durable pendant la saison hivernale et difficile à identifier.
Des rythmes de travail parfois plus soutenus
Dans de nombreux services publics, l’hiver s’accompagne de contraintes particulières. Continuité du service, pics d’activité, gestion des urgences, ou encore effectifs réduits liés aux congés ou aux arrêts maladie.
Vous pouvez alors avoir le sentiment de devoir « tenir » malgré la fatigue, ce qui accentue la charge mentale et émotionnelle, notamment dans les métiers au contact du public.
Moins de mouvement, plus de sédentarité
Le froid, la pluie, la neige et le manque de lumière donnent naturellement moins envie de bouger. On marche moins, on sort moins, on reste plus souvent assis. Pourtant, l’activité physique est un puissant stimulant naturel de l’énergie.
Cette baisse d’activité peut paradoxalement augmenter la sensation de fatigue hivernale, créer des tensions physiques et nuire à la qualité du sommeil.
Testez votre niveau de sédentarité
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Quels sont les risques de la fatigue hivernale pour les agents publics ?
Pour les agents hospitaliers
Lorsque la fatigue hivernale s’installe, les risques suivants augmentent :
- erreurs de soins : oubli d’une information, confusion dans une procédure, perte de vigilance lors d’un geste technique ;
- accidents du travail : piqûres accidentelles, chutes, erreurs de manipulation de matériel, notamment en fin de service ou de garde ;
- baisse de la capacité de décision : difficulté à prioriser, temps de réaction plus long en situation d’urgence ;
- altération de la relation soignant-patient : moins de disponibilité, communication plus tendue, difficulté à gérer les situations émotionnelles ;
- épuisement professionnel : accumulation de fatigue physique et mentale conduisant à un burn-out ou à des arrêts de travail prolongés ;
- désorganisation des équipes : absences répétées, surcharge pour les collègues, continuité des soins fragilisée.
Pour les agents territoriaux
La fatigue hivernale expose notamment à :
- des accidents sur le terrain : chutes, glissades, blessures liées au froid ou aux conditions météorologiques ;
- des erreurs administratives : oublis, erreurs de saisie, retards dans le traitement des dossiers ;
- des difficultés dans la relation aux usagers : tensions, conflits, communication moins fluide ;
- une surcharge de travail : remplacement des collègues absents, augmentation du stress et de la pression ;
- une dégradation de la santé : fatigue chronique, troubles musculo-squelettiques, arrêts maladie répétés.
Ce qu’il faut retenir
La fatigue hivernale n’est pas anodine. Elle augmente les erreurs, fragilise la sécurité, détériore la qualité du service et use les agents.
Quels sont les signaux d’alerte à ne pas ignorer ?
La fatigue hivernale ne s’installe pas du jour au lendemain. Elle envoie presque toujours des signaux. Le problème, c’est qu’on a tendance à les minimiser, à se dire que « ça va passer » ou que « c’est normal en hiver ».
Pourtant, certains signes méritent une vraie attention.
Une fatigue qui ne disparaît plus
Vous dormez, vous vous reposez, mais la sensation de fatigue est toujours là.
Vous commencez vos journées sans énergie et vous terminez épuisé, même lors des journées qui vous semblaient autrefois supportables.
Quand la récupération ne fonctionne plus, ce n’est plus un simple coup de fatigue.
Une concentration plus fragile
Vous avez plus de mal à rester attentif sur la durée. Vous devez relire plusieurs fois une consigne, un dossier ou une transmission. Vous vous surprenez à perdre le fil plus facilement. Cela peut être un signe de fatigue hivernale.
Des erreurs ou des oublis inhabituels
Il peut s’agir de petites erreurs, de gestes moins sûrs, d’oublis ponctuels. Rien de spectaculaire, mais suffisamment inhabituel pour vous alerter.
Ces situations sont souvent l’un des premiers signes d’une fatigue hivernale qui commence à peser sur votre travail.
Une irritabilité plus marquée
Vous vous sentez plus à fleur de peau. Les sollicitations vous fatiguent plus vite, la patience diminue, les échanges avec les collègues ou les usagers deviennent plus tendus.
Des tensions physiques plus fréquentes
Douleurs musculaires, maux de tête, troubles du sommeil, sensation de lourdeur permanente : le corps exprime parfois ce que l’on n’a pas le temps d’écouter.
Ces signaux physiques de la fatigue hivernale sont à prendre au sérieux, surtout lorsqu’ils deviennent réguliers.
Une perte d’élan au travail
Vous continuez à effectuer votre travail, mais sans l’énergie ni l’implication habituelles. L’envie est moins présente, la motivation plus fragile. Vous fonctionnez davantage « en mode automatique ».
La Mutuelle des Services Publics à vos côtés
En période de fatigue hivernale, la Mutuelle des Services Publics peut être un soutien utile. Elle propose des actions de prévention et d’accompagnement pour aider les agents à préserver leur santé physique et mentale.
Traversez cette période et agissez en amont, avant que la fatigue ne s’installe durablement.
6 conseils pour mieux gérer la fatigue hivernale
1. Profitez de la lumière du jour
Même une courte exposition peut aider à lutter contre la fatigue hivernale.
Dès que possible, prenez quelques minutes à l’extérieur pendant les pauses. Si votre poste le permet, installez-vous près d’une fenêtre et veillez à disposer d’un éclairage suffisant sur votre lieu de travail.
La lumière aide à réguler le sommeil et soutient l’énergie mentale.
2. Faites du sommeil une priorité
Quand la fatigue hivernale s’installe, le sommeil devient essentiel. Essayez de garder des horaires de coucher réguliers, y compris les jours de repos.
Réduire l’exposition aux écrans en soirée et éviter les repas trop lourds facilite un sommeil plus réparateur.
Un sommeil de qualité reste la base pour récupérer.
3. Continuez à bouger, même en hiver
En hiver, de petits mouvements peuvent vraiment aider. Prendre l’air pendant la pause déjeuner, marcher quelques minutes ou s’étirer au cours de la journée contribue à retrouver un peu d’énergie.
Lorsque votre structure propose des activités de sport ou de bien-être, elles peuvent aussi être un soutien pour traverser cette période.
Même une activité modérée contribue à réduire la fatigue hivernale et le stress.
4. Mangez de façon équilibrée
Votre alimentation peut vous aider à mieux gérer les périodes de fatigue hivernale. En hiver, privilégier des repas équilibrés, riches en vitamines et en minéraux, soutient votre organisme au quotidien.
Limiter les sucres rapides vous permet d’éviter les baisses d’énergie dans la journée. Même si la sensation de soif est moins présente, pensez à boire régulièrement.
5. Ne négligez pas le mental
La fatigue hivernale agit aussi sur le moral. Lorsque vous en ressentez les effets, parlez-en avec un collègue ou votre responsable.
Les dispositifs de prévention, la médecine du travail ou l’accompagnement psychologique sont là pour vous soutenir.
Un cadre de travail qui compte
La prévention de la fatigue hivernale ne repose pas uniquement sur vous. Les administrations ont aussi un rôle essentiel à jouer. Elles doivent :
- adapter l’organisation du travail en période hivernale ;
- sensibiliser à la prévention de la fatigue et du stress ;
- favoriser la qualité de vie et de bonnes conditions de travail (QVCT) ;
- encourager un management attentif aux signaux de fatigue.
La fatigue hivernale touche de nombreux agents publics, mais elle n’est pas une fatalité. En combinant des gestes simples au quotidien, il est possible de traverser l’hiver avec plus d’énergie et de sérénité.
L’essentiel à retenir :
- La fatigue hivernale a plusieurs causes : moins de lumière naturelle, une baisse de vitamine D, le froid, les infections saisonnières, des rythmes de travail souvent plus soutenus et une activité physique réduite.
- Elle peut peser sur votre travail au quotidien : vigilance en baisse, erreurs plus fréquentes, risques d’accidents, relations plus tendues avec les usagers…
- Certains signes méritent votre attention : une fatigue qui ne passe pas malgré le repos, des difficultés à vous concentrer, des oublis inhabituels, plus d’irritabilité, des douleurs physiques ou une perte d’élan au travail.
- Vous pouvez agir à votre niveau : chercher la lumière du jour dès que possible, protéger votre sommeil, rester en mouvement, manger de façon équilibrée et ne pas mettre de côté votre santé mentale.
Cet article a été relu et approuvé par un conseiller MSP, expert dans la fonction publique avec plusieurs années d’expérience. Il est destiné à des fins purement informatives et ne remplace en aucun cas l’avis de votre médecin, seul habilité à établir un diagnostic.
FAQ – Fatigue hivernale : les questions les plus fréquentes
Est-ce que la fatigue hivernale peut revenir chaque année ?
Oui, certaines personnes y sont plus sensibles que d’autres. Si vous constatez que cette fatigue revient chaque hiver, cela peut être un signal pour anticiper davantage et mettre en place des habitudes protectrices dès l’automne.
Le télétravail accentue-t-il la fatigue hivernale ?
Dans certains cas, oui. Le manque de déplacements peut accentuer la fatigue hivernale. À l’inverse, le télétravail peut aussi permettre une meilleure récupération s’il est bien organisé.
Est-ce utile de consulter un professionnel de santé ?
Oui, surtout si la fatigue est intense, durable ou inhabituelle.