Droit à la déconnexion dans la fonction publique : ce qu’il faut savoir

Mais au fond, c’est quoi ce fameux droit à la déconnexion ? 

Le concept est né d’un constat simple : l’invasion des outils numériques dans notre vie privée. Le droit à la déconnexion désigne le droit pour chaque travailleur de ne pas être sollicité par des moyens numériques (e-mails, appels, messageries instantanées) en dehors de ses horaires de travail.  

Concrètement, cela signifie que l’on n’a pas à répondre à une sollicitation professionnelle durant notre temps de repos et de congé, ou tout simplement une fois notre journée de travail terminée. 

L’objectif est clair : garantir le respect des temps de vie pour éviter l’épuisement professionnel 

Un peu d’histoire pour comprendre d’où ça vient 

Ce droit ne sort pas de nulle part. Il est né d’une vraie prise de conscience, d’un constat alarmant : nous sommes de plus en plus submergés par l’utilisation des outils numériques professionnels, même en dehors de nos horaires de travail. 

C’est la loi Travail du 8 août 2016 (article L.2242-17 du Code du travail) qui a posé les premières pierres du droit à la déconnexion. Un droit qui est finalement entré en vigueur le 1er janvier 2017. 

Alors oui, dans la fonction publique, on a parfois l’impression d’être en décalage avec le secteur privé. Mais sur ce coup-là, on est concernés, et c’est tant mieux ! 

Ce qu’il faut savoir 

Le droit à la déconnexion dans la fonction publique est consacré dans l’accord télétravail du 13 juillet 2021. Il dépasse toutefois le champ du télétravail. 

Source – Le droit à la déconnexion dans la fonction publique 

Pourquoi ce droit est-il bien plus qu’une simple obligation légale ? 

Franchement, combien de fois avez-vous : 

  • consulté vos mails professionnels pendant vos congés ? 
  • répondu à un appel de votre responsable alors que vous étiez en arrêt maladie ? 
  • travaillé le soir, juste “pour finir ce dossier” ? 
  • ressenti cette petite boule au ventre en voyant une notification professionnelle arriver sur votre téléphone ? 

Si vous vous reconnaissez dans au moins une de ces situations, alors ce sujet vous concerne directement. Et on peut vous dire que vous n’êtes pas seul(e) ! 

La charge de travail qui ne s’arrête jamais 

Le problème, c’est que notre charge de travail ne s’arrête pas à la sortie du bureau. Avec le numérique, elle nous suit partout. Et les sollicitations professionnelles s’invitent dans notre vie personnelle et familiale comme jamais auparavant. 

On passe notre temps à courir après le temps, à avoir l’impression d’être toujours en retard, toujours submergé. Et cette pression est énorme. Elle use, elle épuise, elle peut même rendre malade. 

Alors oui, le droit à la déconnexion est un bouclier, une protection face à cette déferlante numérique qui menace d’engloutir notre vie personnelle. 

Le droit de dire “STOP” 

Vous avez le droit de dire stop, de ne pas répondre et de ne pas être joignable en dehors de vos horaires de travail. 

La loi vous protège. Votre administration a l’obligation de garantir vos temps de repos et de congé. Elle doit mettre en place des mesures pour que l’usage des outils numériques soit raisonné et respectueux de votre vie personnelle. 

L’impact sur la santé mentale et physique 

Ce n’est pas un hasard si on parle de plus en plus du droit à la déconnexion : notre corps et notre esprit en ont cruellement besoin. 

Cette hyperconnexion permanente nous ronge à petit feu. Nuits agitées, anxiété qui grimpe, fatigue chronique… Notre organisme tire la sonnette d’alarme, mais on continue, par peur de décrocher, peur de ne pas être à la hauteur. 

Déconnecter pour mieux durer 

Le principe du droit à la déconnexion s’inscrit aujourd’hui dans les politiques de qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), de prévention des risques psychosociaux et d’organisation du travail. 

Et parce que préserver sa santé ne s’arrête pas à éteindre son téléphone ou son ordinateur, il y a aussi cette question, plus intime, que l’on se pose tous : “Est-ce que je peux vraiment me permettre d’aller consulter sans stresser pour mon budget ?“. 

Justement, la Mutuelle des Services Publics (MSP), vous propose une couverture santé avec des garanties qui permettent de couvrir tout ce qui arrive de façon inattendue : consultations, examens, hospitalisation… Bref, une protection qui vous permet d’aborder les moments de fatigue ou d’inquiétude avec un peu plus de légèreté. 

Parce qu’en fin de compte protéger sa santé, c’est aussi protéger son engagement. 

Comment mettre en place le droit à la déconnexion dans votre service ? 

Alors, concrètement, comment on fait pour que le droit à la déconnexion devienne une réalité, pas juste un joli mot sur un papier ? 

La mise en place de ce droit, soyons honnêtes, demande du temps, de l’écoute, et surtout, une vraie volonté collective. Mais tout est possible, en sachant comment s’y prendre. 

  1. La négociation et la concertation : on en parle, vraiment

Tout commence par une chose toute simple, mais tellement puissante : le dialogue. Pas un dialogue de façade, un vrai, où l’on s’écoute, où l’on se respecte. 

Les comités sociaux, le comité social d’administration (CSA) pour la fonction publique de l’État, le comité social territorial (CST) pour la fonction publique territoriale et le comité social d’établissement(CSE), sont là pour ça. 

L’objectif ? Aboutir à un accord ou à une charte qui ne soit pas juste un texte poussiéreux, mais un outil vivant, mis à jour régulièrement. Parce que vos besoins changent, et le droit à la déconnexion doit suivre le mouvement. 

  1. Une charte pour encadrer l’usage des outils numériques : poser des règles claires

Passons à la pratique. Pour que le droit à la déconnexion ne reste pas un vœu pieux, il faut un document de référence. Une charte. Mais pas une charte qui punit, non, une charte qui protège. 

Concrètement, elle doit définir : 

  • les plages horaires où la déconnexion est la norme, pas l’exception. Des horaires de travail clairs, pour que chacun sache à quoi s’en tenir ; 
  • des règles de courtoisie numérique toutes simples : on évite d’envoyer des e-mails le soir ou le week-end, sauf urgence avérée ; 
  • des bonnes pratiques comme la programmation d’envoi. Un petit geste, mais qui change tout : votre message arrive le lendemain matin, à 9h, quand vos collègues sont disponibles. Pas à 23h, alors qu’ils sont en famille. 
  1. La sensibilisation et la formation : changer les mentalités, pas juste les règles

Et puis, il y a le plus important, le plus difficile : changer les mentalités. Parce qu’une règle, ça s’écrit. Mais une culture, ça se construit, jour après jour. 

Il est crucial de sensibiliser tout le monde à un usage des outils numériques plus raisonné, plus humain. 

Pensez à votre manager. S’il vous envoie des e-mails à 22h, même en disant “Ne répondez pas tout de suite“, le message qu’il envoie, c’est : “Je suis disponible en permanence, vous devriez l’être aussi.” Et ça, c’est toxique, même sans le vouloir. 

Alors valorisons plutôt la culture du “zéro urgence”. Celle qui dit, « Ce qui est important peut attendre demain. » Celle qui rappelle que vous êtes des êtres humains, pas des machines. 

Les freins au droit à la déconnexion : pourquoi c’est si difficile ? 

On va être honnêtes : si le droit à la déconnexion était si simple à mettre en œuvre, on n’en parlerait pas autant, pas vrai ? Alors, pourquoi est-ce si difficile ? 

La culture du “toujours plus” 

Nous avons grandi dans une culture où l’on valorise le sacrifice, le dévouement, le “toujours plus”. Pendant longtemps, être disponible en permanence était perçu comme une preuve d’engagement, de professionnalisme. 

Cette mentalité est profondément ancrée, et elle ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Même quand la loi est de notre côté, on culpabilise. On se dit : “Si je ne réponds pas, on va penser que je ne suis pas impliqué(e)“. 

Mais cette culpabilité est toxique. Elle nous pousse à nous épuiser, à sacrifier notre vie personnelle pour le travail. 

La peur du jugement 

Et puis il y a cette peur, tenace : “Et si on me juge ?” “Et si mon responsable pense que je ne suis pas sérieux ?” “Et si on me reproche de ne pas être assez réactif ? 

Ces peurs sont légitimes, parce que le monde professionnel est parfois impitoyable. Mais elles ne doivent pas nous empêcher d’exercer nos droits. 

Et si la peur du regard des autres vous retient encore, dites-vous que votre équilibre vaut bien plus que l’opinion d’un collègue. 

Vous n’êtes pas au service de vos mails, vous êtes au service de vos missions, et pour bien les remplir, vous avez besoin d’être en forme. 

Au fond, le droit à la déconnexion, c’est juste le droit de souffler. Le droit de fermer son ordinateur sans que la culpabilité nous ronge, de profiter de ceux qui comptent vraiment, de recharger ses batteries pour de bon. Alors, qu’attendez- vous pour vous l’accorder ? 

L’essentiel à retenir : 

  • Le droit à la déconnexion protège votre santé autant que votre temps libre : en dehors des horaires de travail, vous n’avez pas à rester connecté en permanence. 
  • L’hyperconnexion n’est pas une preuve d’engagement, mais un facteur de stress, de fatigue et d’épuisement qui peut fragiliser durablement votre équilibre. 
  • Faire vivre ce droit est une responsabilité collective : administration, encadrants et agents ont tous un rôle à jouer pour instaurer des pratiques plus respectueuses. 
  • Déconnecter ne signifie pas moins s’investir, mais préserver son énergie pour continuer à exercer ses missions dans de bonnes conditions, aujourd’hui comme demain.  

Cet article a été relu et approuvé par un expert en santé et bien-être de la MSP, acteur reconnu dans les domaines de la santé, de l’assurance et de la prévoyance des agents publics, titulaires ou contractuels. Il est destiné à des fins purement informatives. 

Source : 

  • Le portail de la fonction publique 

FAQ – Droit à la déconnexion : les questions les plus fréquentes 

Pourquoi le droit à la déconnexion est-il important pour la santé ?
Parce qu’une hyperconnexion permanente use le corps et l’esprit. Le droit à la déconnexion permet de préserver sa santé mentale et physique, de réduire le stress, d’améliorer la qualité de votre sommeil et de retrouver du temps pour sa vie personnelle et familiale. 

Le droit à la déconnexion s’applique-t-il en télétravail ?
Oui. Le droit à la déconnexion est particulièrement important en télétravail, où la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle peut devenir floue. Le respect des horaires de travail et du temps de repos est primordial même lorsque l’on travaille à distance. 

Quels outils peuvent aider à exercer son droit à la déconnexion ?
Programmer l’envoi des e-mails pendant les horaires de travail et désactiver les notifications professionnelles durant les temps de repos sont deux réflexes simples pour appliquer concrètement le droit à la déconnexion au quotidien.